
Question de AL (pour sa thèse de doctorat) : J'ai beaucoup lu vos articles sur la problématique du rating et le fait que les modèles économétriques des agences soient peu accessibles et constituent des boites noires. Je travaille sur le rating pays et la contagion en introduisant une nouvelle composante qui est la dimension spatiale. L’idée est d’évaluer l'effet de la "contagion spatiale" en tant nouveau canal de transmission (ou non des crises), ou encore chercher le lien entre contagion et rating afin de trouver une nouvelle méthode de calcul du risque pays. Le problème majeur réside dans l'accès aux bases de donnés sur le rating risque pays, notamment celles des agences de rating Fitch, Moody's et S&P.
Réponse de Yasmine GUESSOUM : Vous êtes sur une problématique fort pertinente. A première vue, je dirais que la contagion est un effet collatéral d’une spéculation "auto-réalisatrice". En effet, les cycles de crises qui ont eu lieu à la fin des années 1990, début 2000 et à l’heure actuelle, ont toutes été nourries par des effets d'annonces qui on petit à petit plongé des périmètres entiers par "mimétisme" ou contagion. Ces effets d'annonce prennent le plus souvent la forme de rating, qui ont pour rôle de prévenir les investisseurs des risques qu'ils encourent lors des opérations effectuées sur leurs capitaux. En somme, vous tenez là un sujet fort intéressant. Pour ce qui est des bases de données, le meilleur conseil que je puisse vous prodiguer est de faire la même chose que moi à l'époque, à savoir, entrer en contact direct avec les agences en expliquant le cadre académique de vos recherches.





